Mer d’aujourd’hui, cimetière de demain !

Article réalisé par Gabriela G.,  Melchior S. et Benjamin M.

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La surpêche, un problème en expansion !

La surpêche est un phénomène en expansion depuis les années 50. Même si cette augmentation est moins significative en 2019, elle reste observable. Plus de 90 millions de tonnes de poissons sont pêchés chaque année. Le nombre d’espèces maritimes surexploitées est passé de 10% en 1974 à 33% en 2015. De plus, il est effrayant de voir qu’à l’heure actuelle, 90% des stocks mondiaux de poisson sont au moins exploités à leur maximum. A part dans le cas de la Suisse, où la consommation de produits marins a baissé pour des raisons de prix lors de la dernière décennie, la consommation mondiale n’a de cesse d’augmenter. La faute à de nouvelles méthodes efficaces mais profondément immorales.

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Aujourd’hui, 77% des espèces maritimes sont impactées d’une façon ou d’une autre par une activité halieutique excessive ! Et cela semble inquiéter un nombre dramatiquement bas de personnes ! On rapporte que, d’ici 2050, les mers du globe pourraient se trouver quasi-intégralement privées de leur faune.

Alors que les mers sont vidées par une pêche excessive, on passe plus de temps à parler des pirates somaliens qui attaquent de temps à autre des yachts remplis de personnes inconscientes pour demander un rançon que de ceux qui représentent un danger considérable pour la planète entière. Comme souvent, on s’intéresse plus à des problèmes d’ailleurs qui ne nous concernent pas qu’aux menaces qui risquent de bientôt nous toucher directement.

Grave impact sur l’écosystème !

Ce qui saute aux yeux, c’est avant tout la menace pour l’écosystème que représente la surpêche : aujourd’hui, de nombreuses espèces sont menacées d’extinction mais continuent, malgré tout, à être surexploitées.

Cependant, il faut comprendre que cela n’est que la partie émergée de l’iceberg : au-delà de la disparition d’espèces, l’altération non-naturelle du nombre d’individus chez certaines espèces présente un risque certain de dérèglement de la chaîne alimentaire, la baisse du nombre de prédateurs causant invariablement l’augmentation de leurs proies et donc la baisse du nombre d’individus encore en dessous de ces proies dans la chaîne alimentaire, etc. Tout cela mène parfois à des situations aberrantes telles que des zones aquatiques presque entièrement peuplées de méduses.

Il faut également mentionner que la pêche excessive empêche le déroulement naturel de la reproduction des espèces, par exemple, le thon rouge, l’une des espèces les plus menacées d’extinction, souffre du fait que les individus capturés sont souvent trop jeunes pour se reproduire, tout cela pour que leurs cadavres soient au final rejetés à la mer car on ne peut les consommer.

La surpêche a également un impact nocif sur la diversité génétique qui est essentielle à la survie d’une espèce et peut avoir des conséquences sur l’anatomie de certaines espèces.

Naturellement, la faune marine a un impact direct sur les faunes aérienne et terrestre, on remarque, par exemple, une baisse drastique du nombre d’oiseaux piscivores. Les effets de la surpêche pourront sans doute être visibles dans la faune que nous observons tous les jours.

L’une des méthodes de pêche industrielle les plus dévastatrices est l’usage de filets gigantesques emportant tout sur leur passage. Ces filets causent chaque année des millions de tonnes de prises inutiles ne pouvant être consommées qui sont relâchées sans vie dans l’océan.

Un autre fléau est le chalutage en eaux profondes : en moyenne, dans les années 50, les filets de pêche descendent à 150 mètres sous la surface, de nos jours, les filets vont jusqu’à 300 mètres de profondeur. Cela a pour effets la destruction de certains habitats et la réduction drastique de certaines espèces végétales ou animales dont la faune maritime se nourrit.

Egalement, penser que la consommation de produits issus de l’élevage aquacole ne présente aucun problème pour l’environnement est un raisonnement dangereux. En effet, ces animaux marins sont généralement nourris d’une sorte de farine composée d’autres poissons, eux issus de la surpêche. Ainsi, on comprend pourquoi la crevette d’élevage est à consommer avec modération.

L’humain également mis en danger !

Il faut rappeler que certaines zones géographiques, par exemple, en Asie, dépendent beaucoup de la consommation de poisson, la disparition d’une grande partie des espèces que peut causer la surpêche pose un énorme risque de crises alimentaires futures.

Aussi, les poissons des profondeurs, que l’on pêche de plus en plus à cause du fait que l’on vide les eaux moins profondes, sont de plus en plus riches en mercure produit par les bactéries en profondeur. Le fait est que les poissons proches de la surface bénéficient grâce au soleil d’une forte élimination du méthylmercure.

Le problème est exacerbé par la chaîne alimentaire, un prédateur acquérant invariablement dans ses tissus le mercure contenu dans ceux de sa proie. Cela s’appelle le phénomène de bio-accumulation, la conséquence est que les gens consomment des produits marins de plus en plus contaminés. Et cette contamination est vicieusement cachée, autant que le fait qu’elle soit causée par la pêche industrielle.

Où sévit-elle principalement ?

A l’heure actuelle, les principales zones de surpêche grave sont l’Alaska, l’Islande, la côte est de l’Amérique du Nord, la côte ouest de l’Amérique du Sud, le nord de l’Europe, l’ouest africain et l’est de l’Asie. La surpêche est également observée dans la quasi-totalité des autres territoires dans des proportions moindres, mais malgré tout excessives.

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Qu’en dit la loi ?

La surpêche est illégale dans de nombreux pas, mais étant donné que de nombreuses économies dépendent de cette pratique et qu’elle vaut jusqu’à 23 milliards de dollars par an selon la FAO, cette surpêche illicite, clandestine ou non-réglementée représente 15 à 40% de la pêche mondiale. Les activités illégales étant clandestines, elles sont difficilement chiffrables.

Malheureusement, même si la surpêche est souvent illégale, elle ne l’est trop souvent pas ; dans certains cas, elle est même soutenue par des gouvernements. La Chine, seconde puissance de pêche mondiale derrière l’Europe ne fait rien pour empêcher ou même limiter ce désastre, le résultat est que les eaux de ce pays sont en train de se vider de leur faune.

L’Union Européenne ne se contente pas de permettre la surpêche : son parlement la soutient juridiquement et va jusqu’à la subventionner !

Il est donc important de noter que le rôle des Etats et des puissances supra-nationales est fondamental.

Quelle est notre responsabilité ?

Parmi les pays développés (Union Européenne, Amérique du Nord, Océanie, Japon…) la Suisse, avec environ 8,6 kg par an et par habitant en 2016, ne fait pas partie des plus gros consommateurs. C’est en dessous de la moyenne européenne (25 kg) et même légèrement en dessous de la moyenne mondiale (20 kg). Et, bien évidemment, nous nous trouvons 20 000 lieues en dessous de l’Islande (91 kg) dont la consommation de poisson fait partie intégrante de la culture.

Le phénomène de surpêche est dans tous les cas voué à disparaître, l’enjeu est de savoir si cela sera dû à la décimation intégrale de la faune marine ou à la prise de conscience des responsables, c’est-à-dire nous.

Actions à mener

Les changements peuvent se faire à une très petite échelle, à commencer par le comportement du consommateur lambda.   Les solutions n’ont pas besoin d’être radicales, de petits changements dans nos habitudes sont suffisants. Voici les diverses action à mener qui s’offrent à vous et que vous pouvez appliquer :

La première étape serait de réduire sa consommation de poisson. Bien qu’elle soit assez basse en Suisse comme expliqué précédemment, ce conseil doit être appliqué au reste du monde.

Seulement, consommer moins reste accessoire à côté du fait de consommer mieux ! Il faut privilégier les espèces qui ne sont pas menacées d’extinctions et les produits généralement issus d’une pêche plus locale ou plus responsable. Il est bon se se fier au tableau du site acteurdurable.com :

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Il faut également consommer de saison et se fier aux labels tels que MSC, contrôlé par l’ONG Marine et recommandé par WWF et Greenpeace.

Finalement, une dernière solution est de ne plus acheter les souvenirs que sont vendus en bord de mer tels que des colliers de corail, des coquillages, des étoiles de mer etc. en somme, tout ce qui a été pris à la mer.

Notre action à la journée du développement durable du collège Calvin

Lors de la journée du développement durable organisée au sein du collège Calvin le lundi 20 mai 2019, notre action a été principalement d’informer les gens des faits alarmant dont nous venons de vous faire part.

Nous avons offert aux gens la possibilité de montrer les zones géographiques dans lesquelles ils pensaient que la surpêche sévissait à travers une activité ludique où deux adversaires placent des pions sur une carte. Nous avons été surpris de constater à quel point les gens étaient perspicaces, car pour un score maximum de 36 points, la moyenne était d’environ 30 points et quelqu’un est même parvenu à effectuer un score parfait.

Nous avons également sondé les visiteurs, leur demandant quelles étaient leurs espèces maritimes préférées pour ensuite les informer des dangers que pose la consommation de certains de ces produits. Les résultats ne sont pas très rassurants, la catégorie « à privilégier » étant la moins répandue (espèces citées au total 15 fois), suivie par la catégorie « à éviter » (16) ; les gens sondés préfèrent généralement les produits à consommer avec modération (54). Le saumon reste l’espèce favorite (24 fois citée), et c’est un produit à consommer avec modération, sinon à éviter dans de nombreux cas !

Dans l’ensemble, les gens étaient enthousiastes et intéressés par ce que l’on avait à leur dire. S’agissant d’un problème d’un grande gravité, nous espérons qu’ils ont effectué, après avoir quitté le stand, une remise en question de leurs habitudes alimentaires.

Sources :

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/475149/la-surpeche-en-croissance-dans-le-monde

https://www.terraeco.net/Comment-la-consommation-de-poisson,55115.html

https://www.tdg.ch/suisse/suisses-mangent-poisson/story/25975277

https://clio-carto.clionautes.org/les-zones-de-surpeche-dans-le-monde.html

https://www.ird.fr/la-mediatheque/fiches-d-actualite-scientifique/426-boom-des-meduses-la-surpeche-en-cause

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/oceanographie-oceans-poissons-profondeurs-sont-plus-riches-mercure-48522/

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